Longtemps considéré comme un genre réservé à la création masculine, le shōnen a pourtant été façonné par de nombreuses mangakas. Déjouant les stéréotypes, elles ont imposé leurs histoires au sommet des ventes, marquant définitivement l’histoire du manga.
La conquête progressive d’un milieu masculin
Depuis ses débuts, le manga et en particulier le shōnen destiné à un jeune public masculin, s’est construit dans un environnement éditorial dominé par les hommes. L’accès à la publication y était plus difficile pour les femmes, qui ont longtemps affronté les préjugés et un manque de visibilité.
Certaines ont même choisi des pseudonymes masculins pour éviter que leur genre ne devienne un frein commercial.
Mais dès les années 1960, un mouvement se dessine : les femmes investissent tous les genres, y compris le shōnen, et y apportent une perspective nouvelle.
Contrairement aux clichés, les autrices ne se contentent pas d’imiter les thèmes classiques comme le combat ou l’amitié, elles contribuent notamment à changer les codes narratifs du shōnen.
Elles introduisent plus d’émotions et de la psychologie, elles mettent en avant des les liens familiaux et interrogent la société.
Elles explorent des thématiques innovantes, souvent plus sensibles ou contemporaines, qui élargissent la perception du shōnen.
Les femmes mangakas incontournables du shōnen
Rumiko Takahashi – Ranma ½, Inuyasha, Maison Ikkoku…
Première star féminine du manga, elle mélange humour, action, romance et fantastique. Sa carrière démontre que le divertissement grand public peut parfaitement être porté par une femme dans le shōnen. Elle fait partie des autrices les plus vendues au monde.
Hiromu Arakawa – Fullmetal Alchemist, Silver Spoon, Tsugai…
Autrice à la narration brillante et profonde, Arakawa a signé l’un des shōnen les plus acclamés de l’histoire. Elle aborde des thèmes lourds comme l’éthique scientifique, le sacrifice, le destin. Son œuvre la plus connue Fullmetal Alchemist aborde des sujets comme le totalitarisme, l’horreur induite par la guerre mais aussi les liens familiaux ou l’amitié, à travers l’histoire de 2 frères très attachants.
Koyoharu Gotouge – Demon Slayer – Kimetsu no Yaiba
Autrice de l’un des plus gros succès commerciaux de tous les temps, Gotouge a explosé les records. Demon Slayer est l’un des mangas les plus vendus dans le monde et l’animé remporte tous les suffrages. Sa réussite prouve que les femmes peuvent dominer le marché du shōnen mondial et dépasser tous les clivages.
Posuka Demizu – The Promised Neverland (dessin)
Illustratrice à la créativité visuelle forte, Posuka Demizu contribue à un shōnen sombre et intelligent qui questionne la liberté, l’enfance et l’humanité. Son style graphique singulier a largement participé au succès du manga.
Paru Itagaki – Beastars, Beast Complex
En se centrant sur l’identité, la peur de l’autre et le désir, Itagaki offre un traitement animalier métaphorique unique dans le shōnen. Sa sensibilité artistique révolutionne les codes du récit adolescent traditionnel.
Aujourd’hui, la présence des femmes dans le shōnen est un moteur d’innovation, autant dans les thèmes que dans les représentations.
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Pour aller plus loin:
N’hésitez pas à regarder la très bonne vidéo de la créatrice de contenu Lapeint sur Machiko Hasegawa, considérée comme la première femme mangaka autrice de la série Sazae-san qui est publiée à partir de 1946.

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